L’appel des rails

Ironique que le titre soit si poétique mais que le fond de ma pensée soit plus morbide qu’autre chose. C’est drôle Non?

C’est la première fois que cela m’arrive : je suis à la gare sur le quai, j’attends mon train la tête baissée vers les rails. Soudain l’idée me vient, d’abord furtive, quand mon regard balaye les rails.  Puis mes yeux reviennent dessus et je me surprends à fixer ces rails et l’idée se fait de plus en plus insistante: et si je descendais tranquillement dessus et que je m’allongeais à plat ventre sur ces rails en attendant mon train? Je fermerai mes yeux très forts et l’impact ne durera pas longtemps vu la vitesse du train… C’est plus rapide que s’ouvrir les veines et la douleur dure moins longtemps parce que la fin arrive plus vite. C’est plus fiable qu’ingérer du poison aussi.

Bien entendu la petite voix en moi, comme toujours,  m’a rappelé que je laisserai ma famille derrière, que c’est un peu égoïste de ma part. Mais cette fois-ci cette voix avait moins de poids: je deviens de plus en plus égoïste ou alors je me dis que je suis si peu impliquée dans la vie des autres qu’au fond je ne laisserai pas un vide si profond que cela et que je serais bien vite remplacée. 

Mais bon visiblement je ne suis pas descendu et j’ai attendu bien sagement mon train, vu que j’écris ceci.

Mais c’est la première fois (depuis quoi bientôt 10 ans) que je trouve une solution viable et la première fois que je réalise que mon départ ne causera pas un si grand vide que ça et qu’au fond plus rien ne me retiens ici.

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