Corneille

L’album « Parce qu’on vient de loin » de Corneille a été mon premier amour musical, quand j’ai découvert son auteur en 2002. CORNEILLE a été mon premier amour musical tout court! La première et dernière star dont je suis jamais tombée amoureuse et ai jamais voulu rencontrer. Depuis j’ai écouté tous ses albums jusqu’à celui de 2011 « Les inséparables ». J’ai appris toutes ses chansons par cœur, tellement elles me parlaient. Et encore aujourd’hui,  16 ans après sa découverte, quand j’écoute sa voix et ses paroles, j’ai toujours l’impression qu’il s’adresse à moi, qu’il raconte ma vie, notre vie. C’est ça le pouvoir de la musique: la seule chose qui survit au temps, qui rapproche et unit des étrangers, et qui conserve intacte chaque instant. Toute mon adolescence est imprégnée de ses chansons. Ses premiers albums m’ont aidée à mettre des mots sur mes sentiments à l’époque, et aujourd’hui ils me rappellent à quel point j’étais seule, et à quel point je le suis toujours.

Mais ce sont aussi de bons souvenirs, ce sont aussi des chansons d’espoir, d’amour qui m’ont accompagnée tout au long de mon adolescence. Du coup, à chaque fois que je l’écoute la nostalgie m’envahit. Chaque chanson de chaque album me rappelle des événements précis de ma vie, tristes ou heureux, mais la nostalgie est empreinte de tristesse, car des fois je regrette de ne pas avoir plus profité de certains moments, et des fois je revis juste avec autant d’ampleur la douleur que je ressentais à l’époque. Je pleure à chaque fois que je reprends ces chansons, parce que j’ai, et j’avais à l’époque, l’impression de partager mon mal-être avec quelqu’un. J’avais l’impression de ne plus être seule le temps d’une chanson, d’être soulagée. Je repassais en boucle les albums sur les CD que je rayais à force.

J’ai ressenti son évolution émotionnelle au cours de ces albums, qui a coïncidé avec mon adolescence, ou plutôt qui m’a aidée à traverser cette période de ma vie. Le premier « Parce qu’on vient de loin » (2002) était une boule de souffrance, qui s’est atténuée dans « Les marchands de rêves » (2005) qui parlait d’espoir, de courage, de deuil fait. Il parlait de faire le deuil des proches perdus, de courage, de futur plein de rêve, d’avenir brillant.

Puis il y’a eu une rupture pour moi, Corneille semblait s’être délivré de sa souffrance, être prêt à passer à autre chose après cet album, moi pas tout à fait. Alors pendant des années j’ai réécouté en boucle les anciens albums en ignorant l’album de 2006. Et puis il était devenu « maintream » à l’époque, son style avait un peu beaucoup changé, peut-être pour attirer plus de fans, je n’ai pas pu suivre.

« The birth of Cornelius » de 2007 a confirmé le fait qu’il était guéri, qu’il avait finit d’expier sa peine, moi toujours pas. Les albums précédents avaient dû réussir à le guérir, à lui faire trouver la paix, moi pas. J’ai tout de même craqué pour 7 chansons sur 12, mais celles-là n’ont pas marqué ma vie comme les anciennes.

« Sans titre » de 2009 a été aussi un peu mitigé: je n’ai aimé que 5 chansons sur 10, il était devenu un peu cynique et j’accrochais, mais il semblait toujours guéri, et moi toujours pas.

« Les inséparables » de 2011 ont marqué la rupture: je n’en ai écouté que 4 sur 16, il était devenu beaucoup trop mainstream et je ne retrouvai plus d’âme dans ses écrits, je ne m’y retrouvai plus autant.

Malheureusement je n’ai jamais pu aller à aucun de ses concerts, et si je devais mourir aujourd’hui cela ferait partie du top 10 de mes regrets.

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