Tirée de l’album de 2002 « Parce qu’on vient de loin », cette chanson résume entièrement ma vision de l’âme sœur, cette personne que je n’ai jamais trouvé, qui pourrait me comprendre, toujours être présente pour moi. Une personne avec qui les mots sont inutiles, une personne qui est moi sans être moi, une personne que j’ai perdu, mais que je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer dans la vie réelle. Ou une personne que j’ai connu, mais perdu bien trop tôt, et dont la perte a creusé un vide impossible à combler.
Je pense qu’il y’a deux niveaux d’interprétation. Corneille parlait peut-être uniquement de son premier amour qu’il a perdu quand il a dû s’enfuir du Rwanda, et qu’il espère retrouver « dans l’au delà » puisqu’elle est morte. Mais cela pourrait également être une allégorie: cette fille pourrait en fait symboliser sa famille, ses proches, tous les gens qui lui sont chers et qu’il a perdu. Tous ces gens à qui il n’a pas osé dire « je t’aime » avant qu’ils ne lui soient arrachés, tous ces gens sans qui il n’arrive pas à continuer à avancer.
Cette personne, il sait qu’elle n’est plus, qu’il l’a perdu pour toujours dans cette vie.
Je m’en rappelle comme hier
De toi et moi avant la guerre
Nous étions jeunes et sans souci
Et on se prenait pour acquis
Mais continue de la chercher dans le regard de toutes les femmes qu’il croise. Il croit toujours la retrouver, mais il se rend toujours compte qu’elle est partie à jamais et que ce n’est qu’une illusion: le scénario se répète indéfiniment dans sa vie, il est constamment désillusionné.
Je passe ma vie à te chercher
Je pense souvent t’avoir trouvé
Mais elles ne sont jamais toi
Elles sont tout ce dont je rêve sauf toi
Il dit qu’elle seule aurait peut-être pu faire de lui l’homme qu’il n’est pas. Il imagine tout ce qu’ils auraient pu faire ensemble, il vit dans ses rêves et s’invente un passé et un futur avec elle.
Tu étais peut-être celle qui allait faire de moi l’homme que je ne suis pas
Personne ne le saura
Ça fait mal de savoir qu’un jour j’aurai peut-être pu renaître avec toiDes fois la nuit je jette un coup d’œil
Sur ma vie si tu étais restée
Il essaie de se convaincre qu’il peut passer à autre chose. Il réalise qu’il s’empêche de vivre en continuant à « vivre dans le passé et le regret », que ce n’est pas sain, mais il le fait malgré lui.
Mais pas longtemps, je t’ai assez pleuré
Je sais qu’il faudrait que je te laisse partir
Mais je ne trouve de force que dans ton sourire
Tu vois c’est la mémoire qui m’empêche de vivre
Dont souvent je me sers afin de survivreÇa me tue de vivre dans le passé et le regret mais je le fais malgré moi
Finalement il lui dit « va, va, un jour on se reverra », et que « l’amour reprendra » le jour où ils se reverront, parce qu’il doit mettre cet amour de côté, histoire de pouvoir vivre, en attendant de la retrouver. Il doit accepter l’idée d’être seul, en attendant de mourir pour la retrouver.
J’aurai dû te dire
Tout ce que j’ai pensé alors que je ne peux qu’écrire
C’est un peu tard, du moins dans cette vie
En attendant la nôtre, je te crie[Refrain]
Va, va, un jour on se reverra, va
Quelque part à l’au-delà, l’histoire reprendra
Je nous le jure on se reverra
Va, va, un jour on se reverra, va
Quelque part à l’au-delà, l’amour reprendra
Je nous le jure on se reverra
Chanson d’amour, ode aux amours perdus, mais aussi ode à l’espoir de retrouver cet amour après cette vie.
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