Vide de sens, vide de projet, vide d’ambition, vide d’envie, vide d’énergie,
A quoi bon tenter d’expliquer, les mots ne sortent pas comme il faut, les mots n’ont pas le sens recherché, la voix ne suit pas, et le message ne se fait pas comprendre. Alors à quoi bon tenter, à quoi bon parler? La léthargie qui envahit son corps est plus forte que la volonté de se faire comprendre. Cette volonté n’a pas disparu, le temps l’a usée, et le vide l’a surpassée.
La défaite est acceptée, elle s’est imposée. A quoi bon lutter puisque c’est perdu d’avance. Comment garder espoir de se faire comprendre quand on a passé sa vie à être incomprise? Elle a passé toute sa vie à chercher cette personne spéciale qui la comprendrait, sans jamais la trouver. Alors, elle s’est dit qu’il fallait plutôt l’attendre, après tout la patience est une vertu dit-on. Elle a attendu encore et encore, mais rien. Alors elle a fini par se rendre à l’évidence: cette personne n’existe pas, n’a jamais existé ou est morte avant de la rencontrer. Elle s’est rendue à l’évidence de sa solitude. Elle s’est enfermée dans cette prison, ou s’est-elle laissée emprisonner?
Elle s’est faite une raison et s’est adaptée. Mais parfois, ce besoin viscéral d’être comprise resurgit et reprend le dessus. Alors, malgré elle, elle se remet en route à la recherche de l’autre. Et parfois, il lui semble l’avoir trouvé. Puis, comme toujours, elle réalise l’illusion. Et se redécouvre seule au monde. Et se retrouve en prison. Puis elle réapprend à apprécier sa prison. Elle se demande toujours si cette prison est un choix ou si elle est captive, sans jamais trouver une réponse. Mais, à quoi bon trouver la réponse de toute façon puisqu’elle y est? Elle ne cesse d’y retourner car c’est le seul endroit où elle accepte sa réalité: être seule.
Seule dans sa prison sans porte, sans clé, sans plafond, sans sol, sans lumière, sans personne, sans temps, sans envie, sans parole, sans émotion, pleine de vide.
